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Les témoignages de victimes

 

Pour vous aider à comprendre ce qu’est le harcèlement moral au travail, qu’il soit vertical, horizontal ou les deux, dans le privé comme dans le public, des témoignages de nos adhérent(e)s.


Quelques témoignages
de nos adhérent(e)s


Coupable d'honnêteté
E. C. (PACA)

Nous sommes de plus en plus souvent alertés par les médias sur les dysfonctionnements ainsi que sur les maltraitances envers des personnes âgées ou handicapées. Que faire pour que cessent ces dérives car, en France, il est quelquefois plus grave de les dénoncer que de les commettre ?


Pour avoir refusé de cautionner des faits de ce type envers des personnes vulnérables, j'ai subi, avec la participation active de deux directeurs et des autorités compétentes, des années de harcèlement :

* 37 lettres recommandées en moins d'un an,

* de la calomnie,

* de la diffamation,

* une mise à pied de 3 mois,

* des agressions verbales,

* de la manipulation, etc.


La perversité est sans limite pour les adeptes du harcèlement et il est certain que certaines personnes, assurées de l'impunité, peuvent s'autoriser à aller jusqu'au bout de leur vice.


J'ai également été l'objet d'envoi, sur mon lieu de travail, de lettres anonymes, avec des menaces, des appels téléphoniques

(30 par matinée toujours sur mon lieu de travail).


Finalement, j' ai été licenciée, motif : j'ai dénoncé à une autorité judiciaire le fait que des comprimés ordonnés n'ont pas été distribués durant plusieurs jours, que cela s'était déjà produit auparavant et que la hiérarchie était restée sourde aux appels de ma chef de service ainsi qu'aux miens.


La personne incriminée n'a fait l'objet d'aucune sanction.
Dans cet établissement, durant l'absence de la chef de service, une jeune handicapée mentale a été l'objet de maltraitance : plusieurs hématomes sur le corps ; le directeur avisé n'est jamais intervenu.

J'ai souvenance aussi d'une personne âgée qui n'a pas eu son repas de Noël : un oubli…

Des cas de ce genre, il y en a eu de quoi remplir des feuillets et il faut bien constater, hélas, que dénoncer des faits vérifiables graves est un délit.


A cause de cela, je me retrouve à ce jour sans emploi, dans une situation précaire, avec des mises en demeure pour le paiement de mes factures, mes demandes d'emploi restant négatives puisque les gens dits responsables sont à la tête dans mon département de plusieurs structures et déplacent les personnes commettant ou laissant commettre des méfaits…


Je suis coupable d' avoir suivie la voie de l'éthique et du respect envers des personnes vulnérables…

Le triste bilan de 20 ans de carrière

M. P. (Nord)

« Amoureux de la mer, ma carrière précédente s’est faite dans l’élite que sont les Forces Sous-Marines en particulier les Forces Océaniques Stratégiques ; j’ai quitté le service au bout de 17 ans avec le grade de Maître Principal et titulaire du Brevet Supérieur d’électrotechnicien et du Certificat d’Atomicien délivré par l’Ecole d’ Application à l’Energie Atomique.

Je suis pensionné de guerre, invalide militaire au taux de 45%.

A mon arrivée à la centrale nucléaire XXX, j’ai exercé le métier d’instructeur (j’y ai formé environ 1700 agents) Je suis affecté ensuite au service Sécurité Radioprotection Prévention des Risques. J’ai eu un premier avancement au choix puis un autre. Depuis plus rien.

Durant cette première époque régnait déjà un « petit chef » qui fût relevé de son poste par le directeur pour avoir cassé la figure à un technicien de ma section. Ce monsieur ne sera pas puni mais continuera sa carrière comme si de rien n’était. Il sera remplacé par un cadre brillant, compétant, humain qui sera vite muté avec promotion et profitera d’une possibilité de prendre sa retraite à 50 ans pour partir.

Il sera remplacé à son tour par un nouveau « petit chef » : un véritable pervers incompétent qui ne sait pas « manager » des hommes .

Sachant que j’ai une pension de la Marine ce monsieur s’est permis d’écrire lors d’un bilan annuel où il me démolissait : « Se sent à l’abri par rapport à sa carrière précédente ».

Il faut reconnaître que cela justifie un blocage de carrière ! Pour cela, il est soutenu par un cadre que nous appelons chez nous « Appui au chef de service » en réalité l’éminence grise du chef de service, opportuniste et arriviste méprisant tout ce qui se trouve en dessous de lui et qui dit : « Si vous étiez dans le privé vous seriez tous licenciés ».Quant aux chefs de services, ils sont trop jeunes et surtout trop carriéristes pour s’occuper de leurs subordonnés.

Le harcèlement se poursuit. Je me retrouve à effectuer en plus de mes fonctions, le travail de deux collègues que l’on avait envoyés ailleurs exécuter d’autres tâches. Résultat: « je pète les plombs » par une dépression nerveuse me valant 3 mois d’arrêt maladie, suivi de 3 mois de reprise du travail à mi-temps thérapeutique.

Lorsque je reprends mon travail, l’encadrement ne se soucie absolument pas de moi, aucune réintégration, aucune considération de ma personne. De ce fait, un an après, je rechute ( 2 mois d’arrêt maladie, suivi d’une reprise de travail de 3 mois à mi temps thérapeutique).

Résultat final en rentrant de maladie : « Mise au placard définitive », seul dans un bureau avec quand même un téléphone et un PC sur lequel je joue au mah-jong et au solitaire toute la journée n’ayant que quelques menus travaux à effectuer.

Tel un pestiféré, mis en quarantaine, je ne vois plus jamais personne venir me rendre visite.

Mon médecin traitant, voyant mon état dépressif s’aggraver, décide de me remettre à nouveau en arrêt maladie. De plus, je suis devenu diabétique insulino-dépendant avec 3 hospitalisations d’une semaine.

Le seul et unique médecin conseil, rémunéré par le PATRON, m’oblige à reprendre le travail. Par des indiscrétions de mes collègues, j’apprends qu’ il a reçu des consignes spéciales de la DIRECTION concernant le personnel tombant malade avant 55ans.

Mon médecin traitant n’étant pas d’accord avec cette décision me prescrit toujours mon arrêt.

Ce même médecin « patronal » s’est permis de me refuser alors un départ hors circonscription, pour convalescence, prescrit par mon médecin traitant, en me déclarant : « Quand on est malade, on reste chez soi ».

Ce médecin ne s’en est pas tenu qu’à cet épisode. En me mettant une reprise fixée, il oublie ou ne sait pas que cette reprise fixée doit-être notifiée par lettre recommandée avec A.R (au malade) comme le stipule l’Art.R.315.1 du code de Sécurité Sociale.

Pour s’acharner d’avantage , il téléphone personnellement au cadre des Ressources Humaines, l’invitant à couvrir l’arrêt de travail qu’il estimait non justifié par 1 mois de congés payés.

Heureusement pour moi, j’en informe un ami , qui est contrôleur à la CPAM. Offusqué par mon récit, il appelle directement le cadre des Ressources Humaines. Il demande qu’il nous fasse parvenir des explications, au plus vite, sinon nous informerons la Direction de Paris et nous passerons aux Prud’hommes s’il le faut.

Comme par hasard, cette histoire est étouffée : on me restitue mes 30 jours de congés payés comme par miracle.

Question :

Combien de salariés ont-ils été victimes moralement et peut-être pécuniairement de ce médecin dans cette entreprise ?

Les dépressions nerveuses sont fréquentes dans ce groupe ; plusieurs suicides et tentatives de suicides (moi même j’y ai pensé) ont été dénombrés ces dernières années, des problèmes cardiaques au travail, etc. Des personnes savent (qu’elles soient victimes ou bourreaux) que ces désordres physique ou psychique que nous subissons sont imputables à l’ambiance au travail. Mais qu’hélas, on ne peut pas et surtout qu’on ne veut pas le prouver.

Le harcèlement reprendra de plus belle par lettres recommandées, on veut me faire partir.

Réunissant plus de 42 ans validés de travail, éprouvé nerveusement par tous ces combats, je demande ma mise en retraite anticipée.

L’objectif de l’entreprise est atteint.

Bilan de 20 ans de carrière.

1) Avancement en grade bloqué.

2) Bloqué aussi au choix.

3) Plusieurs dépressions nerveuses

4) Un diabète insulino-dépendant

5) Un divorce

6) Pour échapper au harcèlement moral : un départ en retraite anticipé

7) Une perte non négligeable de salaire et donc de retraite. »

Je n’arrive plus à laisser çà au bureau. J’en rêve même la nuit…

 


Harcèlement...!

F. B. (Ile-de-France)

« Secrétaire dans un laboratoire, j’ai un chef direct cyclothymique. Un jour, elle rit toute la journée, le lendemain elle est agressive.

Elle me traite comme son esclave. Quelques exemples : pour agrafer 3 pages, elle les engage dans l'agrafeuse et me tape sur l'épaule pour que j'appuie dessus ou bien, la main au-dessus de la corbeille à papiers, elle me donne une feuille pour que la mette dedans et ce sont des exemples parmi beaucoup d'autres. Soit elle me parle agressivement, soit comme à une demeurée.

Un jour que j'avais 2 paquets à envoyer, elle m'a demandé d'essayer de ne pas confondre les 2.

J'en avais tellement « marre » de ces réflexions et du reste que je lui ai répondu ironiquement que ça allait être difficile et là elle m'a dit texto : "C'est que vous avez l'air tellement abrutie".

Avec 22 ans d'expérience, j'ai mis des choses en places pour faire gagner du temps au service et elle n'a jamais rien eu à me reprocher depuis un an. Mais bon, quand elle est de mauvaise humeur…

Elle est réputée dans l'entreprise pour son caractère de diva qui ne peut garder une secrétaire. Elle les fait toutes craquer. Mais elle a 28 ans de maison, elle est à 3 ans de la retraite alors on la laisse faire.

Elle s'est excusée le surlendemain en disant que les mots avaient dépassé sa pensée, ce qui n'est sûrement pas le cas étant donné qu'elle traite les autres de c.. ; et de s… (quand ils ont le dos tourné car ils sont au-dessus d'elle hiérarchiquement).

Et puis, j'oubliais, j'ai eu une corbeille de fleurs pour mon anniversaire et des cadeaux quand elle revient de congrès ou de vacances ... Cadeaux que j'offre aux autres collègues car ça me fait penser au mari qui bat sa femme et qui lui offre des fleurs pour se faire pardonner.

Récemment, nous avons fusionné avec un autre service, ce qu'elle ne supporte pas étant donné qu'elle sera beaucoup plus contrôlée au niveau de son travail. Son patron a l'air d'être quelqu'un d'ouvert et d'intelligent. Chaque membre de notre équipe a eu un entretien individuel avec lui et je ne lui ai pas fait part à ce moment là de tous ces problèmes car ils font (ou faisaient) parti du même club de bridge. Il m'a dit, lors de cet entretien : "Si tu as un problème, n’hésite pas à m'en parler". Et hier quand il m'a demandé si ça allait, je lui ai répondu que non, que je n'en pouvais plus et que j'allais prendre un RDV avec la DRH. Il a eu l'air un peu vexé et m'a demandé de lui en parler d'abord. On doit donc se revoir .

Je ne voudrais par qu'il se serve de moi pour régler ses différents avec ma chef car ils ne s'entendent pas du tout. J’aimerais plutôt axer le débat sur une mutation pour cause de travail inintéressant en précisant juste quelques points sur ce que je vis au quotidien.

J'oubliais, je fais des insomnies, j'ai les cervicales bloquées, j'ai des nausées. Je n'arrive plus à laisser ça au bureau et à ne plus y penser le soir. C'est horrible. »

Sortir du cauchemar et de la souffrance !
Le bureau de Solidarité, souffrances au travail

« Oui, c’est possible. Mais le plus difficile est d’y croire tellement nous avons pris l’habitude de ne plus avoir confiance en rien ni en personne. Nous nous recroquevillons pour ne pas être englouti(e)s par la lame de fond qui nous aspire inexorablement. Certains s’amusent à nous enfoncer la tête sous l’eau et submergés, nous ne voyons pas, flous ignorons même que des mains sont tendues vers nous pour nous secourir.

Nous avons souhaité créer un groupe solidaire pour que les énergies rassemblées aident chacun et chacune à s’extraire du tourbillon destructeur où le pousse la malveillance criminelle des malades de pouvoir. Ce faisant, nous n avons pas eu beaucoup de temps pour nous occuper de notre situation personnelle, pourtant peu enviable. Mais l’énergie puisée à écouter les nouveaux adhérents et à soulager leurs souffrances nous a mises en mouvement vers le bout du tunnel. A notre grand étonnement, nous en sommes sorties et reprenons confiance en nous et surtout, nous réapprenons à ne pas avoir à nous méfier de tout le monde. Quel plaisir de retrouver le chemin du travail et le partage avec une équipe « normale ». Nous avions cessé d y croire et nous souhaitons ces émotions à toutes et à tous nos adhérents.

L’histoire de chacun(e) est différente mais le processus de harcèlement est toujours le même: humilier, brimer, pressentir les failles pour détruire la personnalité. Pour l’avoir vécu, nous savons l’intensité de vos souffrances et, croyez-nous, il faut savoir se mettre en arrêt maladie pour se protéger, se refaire une santé, avant de penser à une reconstruction par le travail sur soi et une réparation qui peut prendre des formes très différentes.

Notre plus grande victoire, c’est de retrouver la santé physique et morale, de ne pas sombrer et de refuser d’être une victime (car sans victime il n’y a pas de bourreaux). Mais c’est très très difficile de s’extraire des griffes du prédateur et la solidarité de toutes et tous est nécessaire pour chacun(e). Nous vous demandons de croire en un avenir meilleur que nous vous aiderons à concrétiser. »


 

Histoire d’un harcèlement !


A. N. (PACA)

« Le harcèlement moral dont je suis victime de la part de ma direction découle de mes divers engagements à l’occasion de la fermeture de l’usine de X. Ma détermination à m’opposer à ses objectifs étaient devenus insupportables pour la direction. Dès lors, face à ma résistance à son emprise psychologique de domination, la direction a dans un premier temps fait le choix d’outils discriminatoires pour me contraindre. Au fil des années, constatant que ce genre de pratiques n’avaient que peu d’incidences sur mon engagement syndical, s’est ajouté de manière sournoise et insidieuse une autre pratique visant à me déstabiliser : le Harcèlement psychologique.

En 1984, la direction générale introduit un nouveau mode de gestion : « Le management ». Dès lors, tous les syndicalistes devenaient indésirables.

En 1986, éloignement de mes collègues de travail, isolement dans des locaux sordides, radiation de mon nom au sein de l’annuaire téléphonique interne, etc.

Malgré mon statut, j’ai donc erré onze années dans divers services. J’étais devenu parfaitement indésirable.

Ce harcèlement s’est révélé au grand jour lors de ma mutation d’office (mise au placard) en 1988.

Cet événement fut le déclenchant de mes premiers signes dépressifs : prises des premiers antidépresseurs (88 –1992).

La pratique de cette « nouvelle gestion managériale » de l’entreprise a précipité cette dégradation délibérée de mes conditions de travail et a eu d’importantes conséquences sur mon état de santé.

Après 5 années passées en longue maladie, j’ai été déclaré en invalidité en 1999 suite à des arrêts de travail de mon médecin psychiatre.

J’ai été mis à la retraite d’office en ce début d’année 2001. Mais mon histoire ne s’arrête pas là, je suis passé devant la Cour d’ Appel, actuellement en délibération. »


 

J’étais dans une situation de non-droit !


T. S. (Rhône-Alpes)

« En décembre 1999, il y a eu un plan social dans mon entreprise, une maison de retraite privée, à but non lucratif, loi 1901. Après une grève de protestation contre dix licenciements, toute l’équipe d’agents de services dont je fais partie, j’ai repris le travail. Étant salariée protégée car déléguée syndicale, l’inspection du travail n’avait pas donné son accord à mon licenciement.

En janvier 2000, je constate que je suis « placardisée ». Ma fiche de poste est modifiée et je n’ai plus de contacts ni avec les équipes soignantes ni avec les résidents que nous accueillons. Je suis cantonnée à nettoyer deux fois par jour, trois pièces durant huit heures avec un week-end sur deux d’astreinte, de 7h30 à 12h et de 14h à 17h30.

J’ai tenu jusqu’au 23 mars 2000…Puis j’ai craqué. Je suis suivie alors médicalement par un généraliste et un psychiatre pour une dépression.

C’est par ailleurs sans succès que je me tourne vers les Prud’hommes de Grenoble pour retrouver mon poste et sa qualification.

Après six mois d’arrêt maladie, la médecine du travail a conclu à mon inaptitude à reprendre le travail « dans cette entreprise ».

Depuis octobre 2000, je n’ai plus d’indemnités de la Sécu…car je ne suis plus en arrêt maladie et je ne peux pas m’inscrire au chômage…n’étant pas licenciée ! Pour corser le tout, mon employeur ne me verse rien et les allocations familiales ne peuvent m’aider car…j’ai le statut de salariée, bien que mes fiches de paies annoncent ZÉRO francs ! Je suis alors vraiment dans une situation de non-droit.

Après des démarches et de mon avocat et de l’inspection du travail, j’ai été finalement convoquée à un entretien préalable à mon licenciement, le 12 décembre 2000. Un huissier m’a apporté la notification de ce licenciement le 15.

Maintenant je peux m’inscrire au chômage et j’espère trouver bientôt un emploi dans ma branche.

J’ai reçu le 16 un chèque d’acompte de mon employeur sur les sommes qui me sont dues : le complément maladie pour octobre et novembre, les salaires après les trente jours qui suivent l’inaptitude soit novembre et décembre, plus les indemnités de licenciements prévus par ma convention collective.

J’en conclu qu’il ne faut pas démissionner, qu’il faut tenir et se battre mais que pour cela, il ne faut pas s’isoler, bien se soigner. Le soutien de l’entourage est très important que ce soit la famille ou/et les autres. Et je tiens à dire que l’association est un moyen formidable de s’exprimer, de se régénérer pour renaître et se donner la force de combattre le harcèlement moral au travail. »


 

Sous l’œil indifférent des collègues !


S. B. (Bretagne)

« Il y a 15 ans, j’étais employé dans une entreprise depuis une dizaine d’années.

Les relations avec mon employeur étaient quelquefois tendues car je faisais respecter mes droits. Mais jamais d’absences, pas de reproches dans le travail. Il faut dire que les gens ayant de l’ancienneté dans l’entreprise avaient un salaire beaucoup plus correct que les nouveaux pour comprendre la suite. Il est survenu un accident du travail, ma responsabilité n’était en aucun cas engagée dans cet accident. Mon employeur, que l’arrêt de travail contrariait, m’a demandé très vite ma démission ce qui lui permettait de se débarrasser à bon compte d’un employé ayant un salaire décent. Il m’a expliqué d’une façon paternelle et peinée que la gravité des conséquences médicales me contraignait à donner ma démission, qu’il donnerait d’excellents renseignements à mes futurs employeurs et il a même poussé la bonté jusqu’à me proposer de m’aider à rédiger cette lettre. Bien entendu j’ai refusé, ce qui l’a fortement contrarié.

Une opération et une dizaine de mois d’arrêt de travail avec rééducation ont été nécessaires avant que le médecin de la sécurité sociale ne prononce la consolidation. Sachant que ma convalescence avec l’accord de la sécurité sociale se déroulait à la campagne, l’employeur a fait courir le bruit que je passais d’excellentes vacances sur le compte de tous, qu’il était obligé de me payer à ne rien faire au détriment des autres, que je ne voulais plus travailler. Ce qui a provoqué l’hostilité ou le manque total de soutien des collègues…qui n’ont pas, il est vrai, cherché à savoir le vrai du faux.

J’ai repris le travail avec des recommandations écrites du médecin contrôleur à destination de mon employeur. Mais loin d’en tenir compte celui-ci a fait volontairement tout le contraire en refusant toute possibilité d’adaptation de mon poste de travail et pourtant c’était possible. Chacun sait pourtant que les médecins de la sécurité sociale ne sont pas complaisants.

Par cette volonté délibérée de mettre en œuvre tout ce qui pouvait être préjudiciable à ma santé, j’étais sans cesse en arrêt de travail. Je tenais au maximum une journée.

Devant cette situation de mauvaise volonté patronale et son désir manifeste de me nuire, le médecin du travail a prononcé à ma demande l’inaptitude. Obligé de proposer un reclassement dans l’entreprise, le directeur a proposé deux postes dans des conditions tellement inadmissibles que j’ai été contraint de les refuser.

L’employeur m’a licencié sans préavis en argumentant que je ne pouvais l’effectuer et que je refusais ses offres de reclassements préférant être au chômage.

Le Conseil des prud’hommes saisi a considéré que mes refus de reclassements étaient parfaitement justifiés, que l’employeur me devait en outre des vacances ainsi qu’un préavis. Le tout a été confirmé et aggravé en appel avec astreinte. A l’époque le harcèlement moral au travail n’était pas évoqué mais il aurait pu l’être.

Il a fallu que je me batte seul contre les bassesses de la direction et le manque de soutien, voire l’hostilité des collègues, à cause pour certains de l’intox soigneusement distillée par le patron ou bien plus souvent leur indifférence au sort des autres. Une partie d’entre eux souhaitaient d’ailleurs ma défaite, ceux qui avaient participé à l’ignominie certainement, les autres afin d’excuser leur lâcheté. « Il a perdu donc j’ai eu raison de ne pas le soutenir ».

Il a fallu se battre encore pour faire respecter ses droits. Une invalidité importante a été prononcée par la sécurité sociale. Une formation a été obtenue. Je n’ai pu reprendre le travail que 3 ans après le licenciement.

Quel aurait été mon sort si j’avais signé ma démission ? Simplement : pas de droits au chômage puisque démissionnaire, pas d’invalidité reconnue, pas de formation.

Sans ressources, incapable de postuler à un autre emploi, SDF, mort peut-être ?

Voilà le sort qui aurait été réservé à une personne plus faible ou moins déterminée, ceci me met en rage. Je considère que la démarche de l’employeur était ni plus ni moins qu’ une tentative de meurtre avec préméditation et ce en toute impunité.

Le tout pour gagner quelques milliers de francs, quelle conscience ont donc ces gens ?

S’ il y avait eu un sondage chez les collègues, ils auraient affirmé sans hésitation, qu’en 1939, ils auraient pris les armes et risqué leur vie. Alors qu’en 1985, ils fuyaient tout engagement pour non pas protéger leur vie, mais pour ne pas être simplement un peu embêtés. Comment décrire ma lutte pour obtenir justice et quelles souffrances j’ai endurées ? C’est impossible.

Depuis quelques années, hélas, je subis un harcèlement moral encore plus ignoble car plus long et affiné par des techniques de « management ». L’histoire se répète.

Les collègues ont la même attitude que 15 ans auparavant et de même, ils auraient été selon eux certainement d’héroïques résistants en 1940. Là, ils se trompent certainement de date… leur résistance aurait eu lieu en 1945 afin de voler au secours de la victoire.

Dans ce combat le soutien de l’association m’est précieux, il est très difficile de se battre seul. La colère me submerge quand je pense aux nombreuses victimes que ces gens ont laissées exécuter sciemment. »


 

 

J’aimerais empêcher qu’ils nuisent de nouveau !


D. C. (Rhône-Alpes)

« L’arrivée d’un chef d’agence dans le cabinet d’architecte pour lequel je travaillais depuis 13 ans a été le début de mon enfer : humiliations, brimades, refus absolu de communication et aussi de documents, notes agressives, insultes. Cette personne, M. O., ami de longue date de mon employeur, a pu exercer ses méfaits sans réaction de mon employeur, M. G., qui en était témoin, donc avec sa complicité tacite.

Ceci a duré 3 ans au bout desquels j’ai craqué (suite à une accusation de faute montée de toutes pièces - j’en ai la preuve -) et suis tombée malade. Ont suivi des arrêts maladie répétés, entrecoupés de courtes reprises. J’ai tenté vainement de parler avec mon employeur, je lui ai écrit, j’ai rencontré l’inspection du travail (qui m’a donné des adresses d’associations), et je ne voyais pas comment sortir du tunnel.

Mon médecin traitant et le médecin du travail, voyant l’état psychologique déplorable dans lequel j’étais et afin de m’aider à sortir honorablement de la situation dans laquelle j’étais enlisée, n’ont trouvé qu’une solution L’INAPTITUDE. Cette solution m’a sans doute sauvé la vie car j’étais au bord du gouffre. Mon employeur a donc été contraint de me licencier et a dû me verser toutes les indemnités dues, en particulier celles liées à mon ancienneté dans l’entreprise. C’était déjà une petite victoire, mais je me retrouve tout de même sans emploi à 55 ans et j’ai du mal à remonter la pente et à retrouver confiance en moi. J’aimerais dénoncer ce que j’ ai vécu et si possible empêcher ces personnes de nuire à d’autres dans l’avenir. J’ai donc rencontré un avocat et décidé de tenter une action, ce qui est bien difficile en l’état actuel des choses. Étant donné ma fonction de secrétaire, j’avais pris de nombreuses notes, gardé copies de documents, traces et preuves au cas ou... ainsi que des témoignages. J’ai donc prévu de déposer une plainte auprès du Procureur de la République, en espérant qu’une suite sera donnée. »


 

Il est allé jusqu’aux coups...!


M.- C. V. (Languedoc-Roussillon)

« En 1975, j’ai été embauchée par une caisse de retraite complémentaire au service liquidation retraite. Tout s’est déroulé normalement jusqu’en 1989, époque à laquelle j’ ai subi une agression sexuelle dans les archives. Je n’ai pas porté plaine. Il n’ y avait pas encore de loi contre le harcèlement sexuel au travail... Comme mes tentatives pour obtenir un changement de poste restaient vaines, j’ai demandé un rendez-vous au directeur. J’ai enfin quitté le service retraite pour travailler comme secrétaire adjointe de ce directeur et ce jusqu’en 1993, date à laquelle il est parti en retraite. Le service disparaissant, j’ai été nommé secrétaire commerciale. Cette même année, le directeur commercial a embauché une jeune femme de 26 ans et commencèrent alors les remarques malveillantes du genre: « Vous comprenez lentement, madame...», « Messieurs, aujourd’hui, nous travaillons avec la ménopause! ». Les injures, dès lors, sont devenues quotidiennes.

On a essayé en 1995 de changer mes horaires en totale illégalité par rapport à notre convention collective. Les brimades ont redoublé. Mes tiroirs ont été visités, vidés. Suite à un accident à la jambe survenu à mon domicile, j’ai été arrêtée une semaine. En représailles, on m’a donner à photocopier, à mon retour, un livre entier, debout, sur une jambe car l’autre me faisait encore trop souffrir. Par la suite, mes congés, bien que posés à temps et signés, m’ont été refusés. De même que le stage accepté... Une fin d’après-midi, à 18h15, mon chef est entré dans mon bureau et m’a apostrophé grossièrement en signalant bien que sans témoins, nous ai lions nous expliquer. Survint alors des coups !

Mon médecin, constatant mon état de stress et mes hématomes à la tempe et au bras, m a prescrit un arrêt de 7 jours. Contre-visite d’un médecin mandaté par mon employeur alors même qu’il n’a pas encore reçu mon arrêt de travail ! Mais ce médecin déclare l’arrêt justifié ! L’inspecteur du travail me conseille alors de déclarer un accident du travail. Entre temps, je suis licenciée... mais sous la menace d’une action en justice, mon employeur me verse des indemnités ! La lutte n’était pas finie pour autant La Sécu a mis du temps à reconnaître mon accident du travail puisqu’il a été admis en 1997 et ensuite mon invalidité catégorie 2 en 1998.

Je suis sortie de ces combats épuisée, ne supportant plus la moindre situation conflictuelle. Mais, la tête haute car je suis fière de m’être bien battue, avec mes seules armes. Aujourd’hui, je respire, je vis calmement, sainement.. »


 

Refuser la violence !


M. G. (PACA)

« Je travaille depuis 12 ans chez un « harceleur ». Si j’ai pu « composer », en refusant d’emblée une attitude que je juge inadmissible chez un employeur, ce n’est pas sans y avoir laissé quelques plumes... Hélas, il n’en a pas été de même pour mes collègues de travail. Dépression pour l’une avant de partir en retraite, démission pour l’autre après plus de 10 ans de » bons et loyaux services « , consultations médicales fréquentes pour une autre qui souffrait de vomissements et de migraines et qui est finalement partie aussi... Leurs remplaçantes n’ont pas fait long feu : 3 jours, 10 jours, 15 jours... dents serrées et larmes. A la recherche d’un emploi, croyant enfin à leur bonne étoile, elles ont été humiliées, fragilisées... Mais si le sort de la victime n’est pas enviable, celui du témoin ne l’est pas plus. Comment ne pas être trop victime sans être complice de l’employeur ? Je pense que pour trop de femmes, la violence est normale car trop ancrée encore dans leur mentalité.

Obéissance au père, au mari,... au patron. Il faut dire: REFUSE I Comme je l’ai dit souvent à mes collègues mais en me sentant bien seule. Il faut dire aux enfants d’âge scolaire, parfois déjà harcelés, parfois déjà, hélas, harceleurs ou qui deviendront l’un ou l’autre, que hors de la maison, comme dans la maison : LA VIOLENCE N’EST PAS NORMALE ! Il faut dire aux femmes (et aux hommes): LA VIOLENCE CONJUGALE NE DOIT PAS ÊTRE ! Parce que si l’on admet « dans sa tête » que la violence ne peut être « normale », qu’elle est « hors la loi « , on sera mieux armé pour y faire face au travail et pour la neutraliser quand il en est encore temps encore, dès le départ Je précise que je travaille dans une entreprise dont le directeur fait du social son principal credo ! Témoignons pour faire avancer les choses. Chaque témoignage est un argument de plus en faveur du combat contre le harcèlement moral au travail ! »


 

Une solution inespérée !


B. M. (Rhône-Alpes)

« Je suis fonctionnaire territoriale sauvée d’une tentative de licenciement, - grâce à la solidarité syndicale (CGT) - par un maire (de droite) qui refusait la création d’un syndicat Réintégrée après quatre mois de suspension de fonctions, j’ai échoué dans une « cage en verre », enfermée aux sens propre et figuré. J’ai réussi à atténuer l’enfermement physique par des échanges rares mais chaleureux avec des usagers du service. Le tribunal administratif a désavoué le Maire en même temps qu’une nouvelle municipalité (de gauche) s’installait à la mairie et j’ai alors vécu un cauchemar pendant deux ans. Pour «tenir le coup», j’avais pris des responsabilités dans une association de défense des usagers du logement Ainsi, le travail bénévole me « lavait » des horreurs vécues dans la journée mais j’étais comme coupée en deux et c’est très difficile à vivre et dangereux. La psychanalyse, entreprise avant, m’a aidée à ne pas me suicider. Après avoir décidé, avec d’autres victimes, de créer un groupe solidaire, j’ai eu la force de me déplacer mentalement pour ne plus recevoir les coups et je me suis sentie vraiment plus sereine. Une solution inattendue et inespérée s’est offerte à moi. En effet, l’association du logement dont je suis une dirigeante a eu des moyens financiers supplémentaires équivalant à un poste à temps complet et je suis maintenant mise à disposition par ma commune auprès de mon association. Je retrouve le plaisir d’aller au travail et les journées me semblent trop courtes. Je fais « en vrai et en grand » ce que je faisais clandestinement dans mon placard pour ne pas rester inactive . Il y a quelques mois, je n’aurais pas pu imaginer que ce serait possible. »


 

Un choix moral !


B. E. (Bretagne)

« Je suis entré à l’inspection du travail en 1986 comme contrôleur du travail. J’aime profondément mon métier parce qu’il s’attache en premier lieu à protéger la dignité des personnes au travail. C’est le fondement même de l’éthique professionnelle de l’inspection du travail (celle-ci a été créée il y a cent ans en réaction notamment au travail des femmes et des enfants dans des conditions indignes).

En mars 1998, un grave incident professionnel m’a opposé à ma hiérarchie directe alors que j’effectuais un contrôle de la durée du travail dans une entreprise. Il m’a été reproché de vouloir faire appliquer des dispositions légales favorables aux droits de salariés à la place d’un accord illégal signé dans la profession ! Cet incident a été le point de départ de beaucoup d’ennuis pour moi (harcèlement moral, sanctions administratives, etc.), de mes difficultés à travailler conformément à mon éthique professionnelle et m’a obligé à réagir immédiatement

Car renoncer à défendre mon éthique professionnelle m’aurait conduit à perdre mon identité professionnelle ce que je ne pouvais envisager un seul instant. Il s’agit d’un choix moral. Si j’avais renoncé à défendre mon éthique professionnelle la question suivante se serait immédiatement posée à moi : comment défendre la dignité des personnes au travail si je ne suis pas moi-même capable de défendre ma propre dignité au travail? Le harcèlement professionnel que je subis aujourd’hui est la conséquence du choix que j’ai fait de défendre mon éthique professionnelle. Cette situation prête à interrogation puisqu’elle se produit au sein même d’un service de l’ État : l’ Inspection du travail qui est censée empêcher que de telles situations se produisent. Je suis plus que jamais déterminé à défendre mon éthique professionnelle jusqu’à une complète réhabilitation dans mes fonctions. »


 

Des pervers à la mairie !


H. S. (Île-de-France)

« J’ai toujours exercé dans des services du personnel (devenus sous le nom très révélateur : « ressources humaines « ) dans la région parisienne. Dans la commune de plus de 20000 habitants où j’ai été mutée il y a 10 ans, à une époque où personne n’en pariait encore, j’ai été témoin, à mon grand désespoir, de harcèlement moral sur le personnel. Je suis intervenue, j’ai fait du contre-pouvoir pour protéger ces gens, aidée parfois par un élu chargé du personnel (qui a ensuite démissionné ayant perdu confiance). Mais, quand on est un témoin gênant, lucide, il faut s’attendre à en payer le prix. En 1993, le secrétaire général et son adjoint ont décidé » d’avoir ma peau « et m’ont fait craquer. J’ai été arrêtée en congé de longue durée pendant presque 5 ans. Quand j’ai repris mon travail, l’un de mes harceleurs était toujours là. Il m’a envoyée immédiatement à plusieurs kilomètres faire un inventaire du patrimoine ! II m’a éloignée comme une pestiférée car dixit ce monsieur, j’étais… gênante pour certaines personnes. Il est parti un mois plus tard dans un conseil régional de province. Mais mes ennuis n’étaient pas finis pour autant. Je savais que cet inventaire à faire , c’était le suicide professionnel assuré : force d’inertie et incompétence des services, pas de fichiers, peu de titres de propriétés, pas d’adresses de biens , des chiffres faux. Bien qu’à mi-temps thérapeutique, j’ai énormément travaillé et terminé cet inventaire en temps voulu.

Aujourd’hui, je n’ai plus rien à faire, le placard en somme à plusieurs kilomètres de la mairie. Aucun coup de téléphone, pas de visite. J’ai subi une opération assez grave et personne n’a demandé de mes nouvelles... il a coutume veut dans cette mairie qui se prêtant « très conviviale « que le service des ressources humaines envoie des fleurs avec un mot du maire souhaitant un prompt rétablissement Pas de fleurs pour moi. Ils m’ont déjà enterrée...

Moi qui n’avais eu que des fiches de notation élogieuses durant mon parcours professionnel, je suis devenue » bonne à rien »... J’ai été remplacée aux ressources humaines par une « professionnelle « qui ne sait même pas que le 1er mai est un jour férié obligatoire et incontournable I Devant les réclamations, le nouveau secrétaire général, 20 ans d’expérience..., l’a donné à titre exceptionnel ! Dans cette mairie, aucun travail n’est fait à fond, tout est superficiel. C’est le lieu idéal pour les pervers. Harceler est pour les personnes ambitieuses, mais qui n’ont pas les capacités à la hauteur de leur ambition, la seule façon d’assurer leurs fonctions. La curée ou la chasse à l’homme est un sport pour eux. Ils n’arrêteront pas. J’envisage d’attaquer au pénal. »


 

M. X. m’a vampirisée...!


D. T. (PACA)

« Après divers congés (parental, formation et disponibilité), j’ai réintégré la mairie où je dois travailler sous les ordres de M. X. Il n’y avais pas de bureau pour moi. Je dois partager une table avec quelqu’un d’autre ou squatter une autre place lors de congés. Je dois participer à une exposition. Il n’y aura pas de formation d’animateur pour moi contrairement aux autres. Mais c’est moi qui vais être désignée pour rédiger le rapport et sur informatique alors que mes connaissances en la matière sont obsolètes. Je demande une formation. Elle est refusée. J’ai toute la documentation nécessaire, je n’ai qu’à « faire ma propre formation « . Je me lance donc. Mais pas question de demander de l’aide à mes collègues ! Il m’est interdit de les… importuner. Je rédige ce rapport et mon supérieur le corrige plusieurs fois pour conclure finalement que ce travail ne vaut rien, mais qu’il ne dispose pas d’assez de temps pour l’écrire lui-même. Un autre rapport me sera demandé par la suite. Envahie par l’angoisse, j’ai des vertiges et dois m’arrêter 2 semaines. A mon retour, j’ose avouer mon envie d’un bureau « pour poser mon bloc et mon stylo « . Mal m’en a pris. J’obtiens une table et une chaise entre une armoire et un radiateur... Durant 2 ans, les choses iront de mal en pis.

Depuis longtemps, je présente des troubles du sommeil et de la mémoire. Je suis terrorisée, paralysée par la peur, inhibée. Je ne comprends plus ce qu’il m’arrive. Je suis dans un tunnel et je ne vois plus la sortie. Un jour, au moment de prendre mon train, je confie à mon mari que je suis comme le condamné à mort allant à la guillotine. Le couperet est effectivement tombé. Depuis, je suis en arrêt maladie pour dépression.

Je sais maintenant que depuis le premier jour, M. X. m’a vampirisée, s’est nourri de ma joie de vivre. Il m’a détruite à petit feu, semant chez moi le doute, la perte de confiance, le sentiment d’incompétence et de nullité. D’autres ont connu l’enfer aussi avec lui. Certains ont démissionné. Je sais que ce mal, ce fléau a un nom : harcèlement psychologique. Mettre un nom sur les souffrances soulage mais ce que je désire du plus profond de moi-même, c’est la » criminalisation « de cet odieux processus de destruction. »

 

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